Hier soir à 20h50 sur France 2 était diffusé le documentaire « Apocalypse : la Première Guerre Mondiale ». Il a été réalisé par Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Entrons plus en détails sur le documentaire qui a dépassé TF1.

APOCALYPSE - 14-18 LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Deux soldats Français avec du courrier

Les deux réalisateurs Isabelle Clarke et Daniel Costelle n’en sont pas à leur premier coup d’essai car ils avaient déjà réalisé en 2008, « Apocalypse : la Deuxième Guerre Mondiale » puis en 2011, « Apocalypse : Hitler ». Ces deux documentaires avaient été salués par la critique, tant au niveau national qu’au niveau mondial. La chaîne France 2 a décidé de diffuser ce documentaire hier soir à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre.

C’était une très bonne idée puisque « Apocalypse : la Première Guerre Mondiale » a fait un carton hier et s’est retrouvé avec 5,9 millions de téléspectateurs en moyenne, soit 22,9% de parts d’audience selon Médiamétrie. Il a au passage dépassé les audiences de la chaîne TF1 et son « Person of Interest ». Cependant, le documentaire sur Hitler avait rassemblé plus de téléspectateurs en 2011.

Malgré ces très bons chiffres d’audience, le documentaire – les trois, à ce stade – est très critiqué par les historiens qui repèrent toutes les approximations et les modifications de faits historiques effectuées à la sauvette. De plus, le procédé de coloration systématiquement utilisé sur les films d’archives « dénature et falsifie » l’évènement, selon les historiens. Les réalisateurs, accusés par les critiques, s’en défendent sur Le Figaro TV : « Il ne s’agit pas d’un procédé destiné à passer en prime time pour satisfaire une quelconque exigence d’audience, mais d’une nouvelle manière de présenter des événements passés. Nous souhaitons toucher le plus grand nombre, notamment les jeunes, en offrant de la proximité. Or les documents en noir et blanc paraissent trop anciens. Nous avons fait des recherches minutieuses jusqu’au moindre bouton d’uniforme, ce qui a pris 47 semaines de travail ». La réponse ne s’est pas faite attendre du côté des anti-couleurs, Hugues Le Paige (réalisateur, journaliste et directeur de revue), a rétorqué : « Avoir filmé en noir et blanc entraînait de la part des auteurs, à l’époque, des choix tenant compte des questions de lumière ou de sensibilité de la pellicule par exemple. Or, la vision est dénaturée par la couleur, qui donne un sentiment plus doux ou plus brutal, plus dramatique ou plus léger selon les cas ».

Le débat est clos puisque France 2 préfère toucher le plus grand nombre, dont les jeunes. La coloration permet aussi de rendre le documentaire plus vivant et de montrer que les pantalons rouges donnés au départ à l’Armée Française étaient une erreur et se sont transformés en pantalons bleus ainsi que d’autres anecdotes du genre. Les deux réalisateurs ont utilisé 500 heures d’archives collectées dans différents pays, ont mis 38 jours pour restaurer les pellicules, ont effectué 49 jours de mixage et enfin 64 personnes ont participé à cette production qui a coûté 5 millions d’euros.

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