Le 16 Mai 2011 à 18 heures 30, l’information tombe : Dominique Strauss-Kahn, potentiel candidat aux élections présidentielles françaises et patron du FMI, se voit refuser sa remise en liberté provisoire. Retour sur une affaire qui va remuer le Paf.

La nouvelle se répand petit à petit depuis dimanche après-midi ; celle d’un homme politique français accusé d’agression, tentative de viol et séquestration. D’abord sur Twitter, puisque la toute première révélation de ce scandale sera postée par un jeune partisan UMP avant même les médias français ou américains. Ensuite, les journalistes s’emparent de l’affaire et provoquent un pic dans les audiences des chaînes d’info, qui, pour la plupart, atteignent des records.

Mais les journalistes sont vite dépassés par le contraste flagrant entre les législations américaine et française : dans la presse apparaissent des photos de l’accusé, menotté, ce qui est interdit depuis le 15 juin 2000 par la loi Guigou sur la présomption d’innocence.

Ces écarts vaudront aux médias un rappel du CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel), et un risque de poursuites judiciaires…

Thierry Thuillier, directeur des rédactions de France Télévisions, se défend dans le Figaro :
« Deux raisons nous ont poussé à diffuser ces images: d’abord ce qu’elles racontent du système policier et judiciaire américain, différent du système français », argumente M. Thuillier. « Ensuite, ce qu’elles disent de l’état physique et psychologique de DSK« , ajoute-t-il estimant avoir vu « à ce moment là quelqu’un au regard décidé, combatif ». Rien qui ne porte atteinte à la dignité humaine, selon lui.

Toute la journée de lundi, BFM TV, I-Tele et autres JT deviennent les programmes préférés des français.

Dès 13 heures, Jean-Pierre Pernaut revenait sur l’affaire devant 6.6 millions de téléspectateurs, soit 46.6% de part de marché pour TF1. En face, sur France 2, Élise Lucet en faisait de même en compagnie de 3.2 millions, soit 22.2% du public, selon des chiffres de l’institut Médiamétrie.

A 18 heures, c’est l’heure de l’audience préliminaire pour DSK, en direct à la télévision, à la radio, mais aussi et surtout sur Twitter. Encore une fois, l’outil fait ses preuves en publiant les tweets en direct de personnes se trouvant à l’intérieur même du tribunal, au cœur de l’actualité.

Le verdict tombe, et les réactions en chaîne qui vont avec. Des centaines de tweets du monde entier, et #DSK comme hashtag le plus utilisé… Sur des chaînes d’info comme France 24,  on entend régulièrement des « on lit sur Twitter que… »

A nous de se questionner sur la légitimité de Twitter dans ce genre de situation, quand on découvre que certains journaux ne vérifient même pas les informations avant de les publier. Pour exemple, le cas de Tristane Banon, qui, selon Libération, aurait porté plainte contre DSK à cause d’une affaire de 2002. Cette dépêche ne serait en fait qu’une rumeur venant d’un faux compte Twitter de la jeune femme, et pourtant massivement relayée dans les médias.

En attendant l’audience de vendredi, où un grand jury aura pour mission de décider de l’inculpation ou non de Dominique Strauss-Kahn, nous risquons d’observer de nombreux changements dans nos programmes tv habituels, comme sur France 2, où Marine Le Pen a été déprogrammée de la nouvelle émission de débats proposée par la chaîne… Pour la remplacer, un programme en direct, « L’affaire Strauss-Kahn et ses conséquences », présenté par David Pujadas.

 

A suivre sur Play TV,

« L’affaire Strauss-Kahn et ses conséquences » Jeudi 19 Mai à 20h35 sur France 2.